waves Negative white

Comment les questions construisent les compétences d’avenir

Inquiry-based learning project in primary school at Haut-Lac in Switzerland

Comment un album sans texte aide les élèves de ma classe de P5B à observer de plus près, à s’interroger et à construire leur propre enquête

Demandez à un enfant ce qu’il a appris à l’école aujourd’hui : vous aurez peut-être droit à un haussement d’épaules. Demandez-lui plutôt ce qui l’a intrigué, et la réponse sera tout autre.

À Haut-Lac École Internationale Bilingue™, l’école primaire pratique l’apprentissage par l’enquête : l’enfant apprend à poser de bonnes questions autant qu’à trouver de bonnes réponses. Tamara Borge, coordinatrice du primaire, montre ici comment cela se passe dans sa classe d’élèves de 10 ans. Leur premier thème de l’année a démarré avec un album qui ne contient aucun mot.

Qu’est-ce que l’apprentissage par l’enquête ?

L’apprentissage par l’enquête part d’une question plutôt que d’une réponse. Les enfants observent de près, s’étonnent, posent leurs propres questions, puis mènent l’enquête pour en savoir plus. Les enseignants continuent de transmettre des connaissances et des compétences, mais les enfants comprennent à quoi elles servent. C’est ainsi que nous enseignons dans notre école internationale en Suisse, de la section enfantine jusqu’au primaire.

Un album sans texte pour faire naître les questions

Que se passe-t-il quand on ne donne pas aux enfants la question à laquelle on aimerait qu’ils répondent ?

Et si on leur laissait, à la place, le temps et l’espace de la trouver eux-mêmes ?

C’est ce que j’explore avec mes élèves de P5B, alors que nous entamons notre premier thème de l’année. En tant qu’enseignante, je sais quels concepts et quelles connaissances je veux que nous croisions en chemin. Cela ne m’oblige pas à annoncer la destination dès le départ. J’ai voulu voir ce qui se passerait si nous partions de quelque chose d’assez fort pour les faire s’interroger.

Nous sommes partis de l’extraordinaire album sans texte de Shaun Tan, Là où vont nos pères (The Arrival en version originale). Il raconte l’histoire d’un homme qui quitte sa famille pour un pays nouveau et inconnu. Ni narration ni dialogue : tout ce que nous comprenons passe par les illustrations.

Et il y a beaucoup à comprendre.

Le talent de Tan tient autant à ce qu’il laisse inexpliqué qu’à ce qu’il montre. Créatures étranges, alphabet inventé, paysages inconnus, symboles visuels puissants : le lecteur se retrouve, d’une certaine façon, dans la même position que le personnage principal. Nous non plus, nous ne comprenons pas tout à fait ce monde nouveau.

Les enfants vont ainsi au-delà de ce qu’ils voient. Ils se demandent ce qu’une image peut symboliser, ce qui s’est passé avant cet instant, ce que ressent un personnage et, surtout, ce que Tan cherche à nous faire comprendre.

P5 students explore inquiry-based learning at Haut-Lac School in Switzerland

Galerie silencieuse : l’esprit critique commence par le regard

Lors d’une activité de galerie silencieuse, mes élèves ont circulé devant une série d’images tirées de l’album. Ils ont noté leurs réflexions et réagi à celles de leurs camarades. Le silence était voulu : aucune explication de l’enseignante, aucune voix dominante dans la discussion. Les enfants avaient le temps de regarder, de regarder encore, de remarquer ce que quelqu’un d’autre avait vu. Peu à peu, leur réflexion est passée de l’observation à des déductions plus fines.

Les questions de nos élèves de 10 ans

Puis j’ai posé une seule question : à propos des personnes qui quittent leur foyer pour arriver dans un endroit nouveau, qu’est-ce que Shaun Tan vous donne envie de vous demander ?

Les questions qui ont suivi étaient bien celles des élèves :

  • Pourquoi certaines personnes choisissent-elles de partir sans leur famille ?
  • Que peuvent ressentir les gens qui partent vers un endroit nouveau ?
  • Pourquoi ont-elles pu être obligées de tout risquer ?
  • Que peut ressentir la famille de ceux qui partent ?
  • Qu’est-ce que ça fait d’être séparé de sa famille ?

Soudain, nous savions où aller. Non pas parce que j’avais remis à la classe une liste de questions d’enquête, mais parce qu’une œuvre marquante avait éveillé assez de curiosité pour que les enfants formulent eux-mêmes les leurs.

Des questions à l’enquête : imaginer la ville idéale

Voilà pourquoi les grandes questions ont tant de force. Elles ne remplacent pas les connaissances : elles leur donnent un sens. Une bonne question d’enquête pousse les enfants à regarder de plus près, à chercher des informations, à envisager d’autres points de vue et à faire des liens. La réponse ne se recopie pas simplement dans un livre. Elle évolue et gagne en finesse à mesure que la compréhension progresse.

Notre enquête s’est poursuivie avec un défi : concevoir la ville idéale. D’abord, les élèves se sont concentrés sur ce dont une ville a besoin : logements, écoles, hôpitaux, transports, commerces et espaces verts.

Mais quand ils ont présenté leurs villes, nous avons remarqué autre chose. Beaucoup avaient prévu des parcs, des équipements sportifs, des cafés, des aires de jeux, des lieux où partager ses loisirs et ses passions. Ce n’étaient pas de simples bâtiments et services, mais des endroits où l’on pouvait se rencontrer, créer des liens et trouver sa place.

Nous en sommes venus tout naturellement à notre première question d’enquête commune : comment pouvons-nous créer des communautés accueillantes ?

Nous avons ensuite cherché ce qui aide chacun à se sentir à sa place. Aujourd’hui, nous nous intéressons de plus près aux personnes qui composent une communauté : le rôle de chacun, ce qu’il apporte, et la manière dont tous transforment un assemblage de bâtiments en un lieu qui fait vraiment communauté.

Où cela nous mènera-t-il ?

Je sais où j’aimerais que cela nous mène.

À terme, je souhaite que ce soient les élèves eux-mêmes qui se demandent ce qui se passe quand tant de personnes, de cultures, de langues, d’expériences et de points de vue se retrouvent réunis en un même lieu. Et peut-être que l’un d’eux posera alors la question vers laquelle nous cheminons discrètement depuis le début : qu’est-ce qui rend une ville cosmopolite ?

Un parcours le long d’un rivage : d’un album sans texte à une grande question. Étincelle : un album sans texte. Regard : une galerie silencieuse. Étonnement : leurs propres questions. Enquête : une ville idéale. Et après ? Qu’est-ce qui rend une ville cosmopolite ? Résultat : compétences de vie, soit l’esprit critique, l’écoute attentive, la curiosité et l’autonomie.

L’apprentissage par l’enquête commence par l’étonnement

Certaines choses doivent toujours s’enseigner de façon explicite. Les enfants ont besoin de connaissances, de vocabulaire et de compétences, et les enseignants ont un rôle important à jouer pour les leur transmettre. Mais l’apprentissage ne commence pas forcément par une réponse. Il ne commence même pas toujours par la question de l’enseignant.

Parfois, notre rôle consiste à choisir le bon déclencheur, à créer les bonnes conditions, puis à laisser aux enfants assez d’espace pour s’étonner.

Car lorsqu’une question appartient vraiment à l’apprenant, trouver la réponse compte un peu plus.

Ce que l’apprentissage par l’enquête apporte à votre enfant

  • L’esprit critique : passer de « qu’est-ce que je vois ? » à « qu’est-ce que cela peut signifier ? »
  • L’écoute attentive : prendre connaissance des idées de ses camarades avant d’y ajouter les siennes
  • Une curiosité qui a un but : poser des questions qui mènent quelque part
  • L’autonomie : choisir les questions qui valent la peine d’être explorées

Tout cela nourrit les compétences de vie et les compétences d’avenir que nous développons dans toute l’école.

À essayer à la maison

La prochaine fois que vous partagerez un livre, un film ou un sujet d’actualité avec votre enfant, demandez-lui :

  • Quelle question ça te donne envie de poser ?
  • À ton avis, que s’est-il passé juste avant ce moment ?
  • Que peut ressentir cette personne ?

Puis laissez le silence faire son travail avant de répondre.

Un enfant qui apprend à poser une bonne question continue d’apprendre bien après la fin du cours. C’est ce que visent nos enseignants du primaire, étape après étape : d’abord un album, puis une ville, puis une grande question.

Envie de voir l’apprentissage par l’enquête en action ? Réservez une visite et venez rencontrer l’équipe.

Primary Coordinator at Haut-Lac - Tamara Borge
Par Tamara Borge
Coordinatrice du primaire
Enseignante de P5

Classe : P5B, 10 ans (Grade 5 aux États-Unis, 7H dans le système suisse)

Partagez sur les réseaux sociaux

Articles récents

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

* École internationale suisse

Fiers d' être titulaires de
CIS Accredited school
World Academy of Sport
Mantle of the expert
Swiss Private Schools in the Canton of Vaud Association logo
SGIS
PSQM GILT
ADISR
ib world school
Eco-Schools logo
swiss schools federation
The Duke of Edinburgh's International Award logo